31 mars 2011

L'architecture insolite de Christiania (part 5)

Et voici enfin l'avant-dernier épisode de ma série sur Christiania, consacré à ses fantaisies architecturales. Si vous y êtes déjà allés, elles vous ont forcément frappés vous aussi, mais connaissez-vous toutes celles que je vais vous présenter?

C'est que j'ai vraiment dû explorer de fond en comble la Ville Libre pour aller dénicher ces petits bijoux de créativité que représentent ces maisons, toutes construites sans autorisation rappelons-le.

Ce qui n'empêche pas certaines d'avoir de la classe:



D'autres adoptent un style plus déglingué, mais toujours poétique:

Avez-vous remarqué l'arrosoir qui pendouille dans le vide?


On trouve beaucoup d'étranges petites cabanes:
J'affectionne particulièrement ces petites cabanes au bord de l'eau


On a droit à des formes bizarroïdes:







Les matériaux de récup font souvent office de matière première:

la plupart des maisons de Christiania sont elles aussi entourées d'un fatras de bidules

là c'est carrément le fatras qui fait la maison


et voici ce qu'on peut faire en recyclant de vieilles fenêtres!


Et enfin, voici mes deux préférés, à classer dans la catégorie... inclassable:

oui, c'est bien un trompe-l'œil surmonté par des créneaux

...et ça, ça se passe de commentaires!


Et si vous n'en avez pas eu assez, allez voir cette galerie de photos sur le site officiel. 

Après cet aperçu, vous comprenez maintenant pourquoi ce serait quand même super dommage que tout ceci soit détruit... Alors croisons les doigts.

Dans le prochain et dernier épisode, je vous révélerai le secret de Christiania pour changer d'aspect en permanence! En effet, à chaque visite, on remarque que des détails ont changé. Mais quoi? ;-)

Dans les précédents épisodes:

Partie 1: L'herbe est-elle vraiment plus verte à Christiania?
Partie 2: Poussez les portes tagguées et découvrez le vrai Christiania
Partie 3: La palpitante histoire de la cité hippie
Partie 4: La vie quotidienne des Christianites

23 mars 2011

La fin de Christiania?

Aujourd'hui, deux personnes m'ont envoyé le même lien: celui-là. Pour ceux qui auraient la flemme de cliquer, il s'agit d'un article du Monde, bien daté d'aujourd'hui (pour une fois que je vous envoie de l'info fraîche). Cet article annonce ni plus ni moins la fin de Christiania, ça y est, l'État a gagné, cette terre lui appartient, c'est la Cour Suprême qui l'a dit.


Bon, mais est-ce que ça veut dire pour autant que les Christianites doivent faire leurs valises et laisser le champ libre aux tracto-pelles? L'info étant difficile à dénicher sur le web francophone, je suis allée la chercher en anglais (ici et ) et en danois. À première vue, j'ai l'impression qu'il s'agit juste d'un énième rebondissement dans la bataille qui oppose les Christianites et l'État danois depuis de looongues années. Enfin, j'espère que ce n'est que ça, hein.



Pour résumer, voici les principales étapes du conflit judiciaire:

- 1989: le gouvernement promulgue la "loi de Christiania" donnant le droit aux Christianites d'utiliser la zone, squattée depuis 1971.

- 2004: le gouvernement amende cette loi et révoque ce droit collectif et absolu d'utilisation. Selon cet amendement, le Ministère de la Défense peut déterminer quel bâtiments peuvent y être construits ou détruits.

- entre 2006 et 2007: les résidents et le Ministère des Finances mènent des négociations en vain sur le devenir des Christianites et des projets de constructions proposés par le gouvernement.

- fin 2006: les résidents poursuivent en justice le gouvernement, clamant que l'amendement de 2004 est illégal parce que contraire à la Convention Européenne des Droits de l'Homme.

- 2009: la Cour Suprême déclare que le droit des résidents à utiliser Christiania pourrait se terminer. Ils font appel de cette décision.

- 2011: le 18 février exactement, la Cour rejette cet appel, et c'est ainsi que le débat judiciaire se clôt.


C'est sûr, c'est inquiétant, car à partir de maintenant, c'est l'État qui peut décider de l'avenir de la Ville Libre. Le plan du gouvernement (actuel) consiste à ramener Christiania à la normale, c'est-à-dire à raser les maisons et cabanes illégales, faire disparaître le trafic de drogues douces et de se débarrasser progressivement des squatteurs. Cela signerait la fin de cette incroyable expérience sociale de vie alternative.

Mais avant, le gouvernement doit d'abord négocier avec les avocats de Christiania, car heureusement, on est au Danemark et pour des raisons politiques et sociales, il est hors de question d'expulser les Christianites manu militari comme ça. Et ces derniers ont l'habitude de se battre bec et ongles pour la survie de leur communauté, qui a toujours été menacée depuis sa fondation. 

  
"Protégeons Christiania", c'est même leur devise officielle

D'ailleurs, face au danger, les résidents ne restent pas les bras croisés et sont en train de rassembler des fonds pour être en mesure de racheter le plus de propriétés squattées possibles au cas où. Et créatifs comme ils sont (la plupart d'entre eux sont artistes), ils doivent sûrement avoir d'autres idées pour se défendre. Pour tout vous avouer, ils comptent également sur les résultats des prochaines élections cet automne pour faire basculer le gouvernement entre les mains des sociaux-démocrates, qui leur sont plus favorables.

Alors je croise les doigts pour eux, mais je vous avoue que j'aurais bien aimé pourvoir aller flâner dans la zone en ce moment, papoter, sentir l'ambiance, essayer de déchiffrer les éventuelles affiches rédigées en langage viking... Ah, ça me manque!

En attendant, c'est l'occasion idéale de vous faire découvrir l'hymne officiel de Christiania! Il est intitulé I Kan Ikke Slå Os Ihjel ("Vous ne pouvez pas nous tuer"). Cette chanson engagée a été écrite en 1975 par Tom Ludén du groupe Bifrost et en voici un enregistrement de 2003, à l'occasion d'une manifestation de soutien à Christiania:




Comme je trouve les paroles très révélatrices, je ne peux résister à l'envie de vous fournir le texte, ici en version originale pour ceux que ça intéresse:

I har slået med knipler
I har truet med våben
I har prøvet at stoppe
Jeres egne børns råben
I kan komme med hjelme
Og hule paragraffer
Men I burde snart ku' indse
Det er jerselv I straffer

I kan ikke slå os ihjel
I kan ikke slå os ihjel
I kan ikke slå os ihjel
Vi er en del af jerselv

I holder på magten
Og støtter det I kender
I kæmper jeres kampe
For at vinde nye stemmer
Låser vores døre
Med sikkerhedskæder
Vi er mennesker som lever
Ler og kæmper mens vi græder

I kan ikke slå os ihjel
I kan ikke slå os ihjel
I kan ikke slå os ihjel
Vi er en del af jer selv

I kan sætte os i fængsel
Og fjerne os fra verden
I kan sætte detektiver
Til at følge vores færden
I kan splitte alt med bomber
Lægge hele verden øde
Er det os eller er det jerselv
I er bange for at møde?

I kan ikke slå os ihjel
I kan ikke slå os ihjel
I kan ikke slå os ihjel
Vi er en del af jer selv



Et sa traduction en français, réalisée par mes soins (oui, j'ai conservé mon dico, ça peut servir):

Vous avez frappé à coups de bâton,
Vous avez menacé avec des armes,
Vous avez essayé de stopper
Les cris de vos propres enfants
Vous pouvez venir avec des casques
Et des lois creuses
Mais vous comprendrez bientôt
Que c'est vous-mêmes qui vous punissez

Vous ne pouvez pas nous tuer
Vous ne pouvez pas nous tuer
Vous ne pouvez pas nous tuer
Nous faisons partie de vous

Vous vous accrochez au pouvoir
Et soutenez ce que vous connaissez
Vous menez votre bataille
Pour gagner de nouvelles voix
Verrouillez nos portes
Avec des chaînes de sécurité
Nous sommes des gens qui vivent
Rient et se battent tout en pleurant

Vous ne pouvez pas nous tuer
Vous ne pouvez pas nous tuer
Vous ne pouvez pas nous tuer
Nous faisons partie de vous

Vous pouvez nous mettre en prison
Et nous retirer du monde
Vous pouvez mettre des détectives
Pour suivre nos allées et venues
Vous pouvez tout disperser avec des bombes
Laisser le monde anéanti
Est-ce nous ou est-ce vous-mêmes
Qui avez peur de la confrontation?

Vous ne pouvez pas nous tuer
Vous ne pouvez pas nous tuer
Vous ne pouvez pas nous tuer
Nous faisons partie de vous


Et bientôt sur le blog, le prochain article de ma série sur Christiania, qui aura pour sujet l'architecture démentielle des constructions christianites (avant qu'elles ne disparaissent)!  :-S

10 mars 2011

Madam Blå, café scandinave à Nantes

A ma grande surprise (et joie), je viens de me faire contacter par la patronne d'un très sympathique café-salon de thé nantais un peu particulier, car entièrement dédié au Danemark et à la Scandinavie de manière générale. Elle désire exposer dans son café quelques-unes de mes photos! :-D

Non seulement je l'en remercie, mais je tiens à saluer sa belle initiative: elle a créé un café, dénommé Madam Blå, qui fait aussi restaurant, épicerie fine, bibliothèque et boutique déco, avec bien sûr uniquement des produits scandinaves. Une bien belle façon de faire découvrir ces cultures! Mais regardez plutôt la vidéo:


Connaissez-vous d'autres cafés de ce genre en France? (J'ai besoin d'une dose de Danemark... ) :-P


En tout cas, sachez que son symétrique existe à Copenhague: Den Franske Bogcafé, fondée par une Française en couple avec un Danois. J'y suis allée quelques fois, c'est un tout petit café très intimiste, où l'on passe volontiers son après-midi à bouquiner en français tout en grignotant des bons gâteaux avec du thé, vous voyez le genre? Så hyggeligt!

27 janvier 2011

Des vélos complètement insolites! (part 5)

Aujourd'hui, pour ce dernier épisode (oui, je sais, moi aussi je verse une larme) de top 10 de vélos insolites, j'ai choisi pour thème: "les différentes façons de mourir pour un vélo danois" (v'là de quoi vous remonter le moral tiens). C'est que tous les jours dans Copenhague, des vélos naissent et d'autres meurent, c'est la vie. Mais parfois, ces malheureux agonisent en public et ça donne lieu à des photos plutôt intéressantes. Voyons voir ce qui arrive aux vélos non ramassés par la police.



10. 

le grand classique, c'est bien sûr de les utiliser comme enseigne pour des boutiques de vélos

Mais d'autres boutiques qui n'ont rien à voir ont quand même adopté le concept:

comme cet opticien

cette boutique de fringues

ou encore ce pub


9. 

d'autres moins chanceux, délaissés par leur proprio, se laissent recouvrir de poussière



8.

en hiver, c'est par la neige et la glace


7.

et au printemps...


6.

un peu moins poétique



5.

la noyade est également une triste fin assez répandue, 
Copenhague étant une ville très aquatique


4.

et les sortir des eaux ne les fera pas revivre


3.

les cas de pendaison s'observent surtout les fins de week-end (arrosées)


Pendaison artistique? Faut-il y voir un message?


2.

mais la désarticulation reste la cause de décès la plus répandue


1.

Tout compte fait, je préfère encore le recyclage, 
comme ici en porte-vélos, je trouve l'idée très belle


Mais bien sûr, ce qui remplit le plus un vélo danois de fierté, c'est de terminer sa carrière à un âge le plus avancé possible! (Avant de finir de l'une des dix façons évoquées ci-dessus).







Rappel des épisodes précédents:

Partie 1: J'aime pas être tout seul sur mon vélo
Partie 2: Le vélo-tuning de l'extrême
Partie 3: Comment accessoiriser votre bécane même avec deux mains gauches

Partie 4:  Les vélos au design trop cool qu'on se peut se procurer au Danemark

14 janvier 2011

Encore d'autres évocations encore plus étranges

Souvenez-vous: il y a un an et demi, je vous avais présenté ma petite collection de photos avec des trucs en français (ou presque) dedans. Bonne nouvelle, il m'en reste encore plein à vous montrer!


C'est que le français, ça fait chic et ça fait vendre:


Ou pas:



Une petite référence qui fait chaud au cœur:

Nos fameux gaulois sont en effet très connus au Danemark! 


On trouve parfois des petites erreurs:

 
 C'est dans ce même resto que j'ai eu l'honneur de déguster une "Tarte Tatine" (véridique), 
qui s'est avéré être... trois tartines!


Certains trucs sont quand même marrants:



Mais le top du top fut cette espèce de boutique à la déco incroyable:
 


Alors non, elle ne se trouve pas à Christiania malgré son aspect! Elle se trouve dans le quartier de Vesterbro, à l'angle de Kaalundsgade et de la rue au nom le plus imprononçable de toute la ville:



Ce que je trouve moins marrant en revanche, c'est qu'on estampille comme "français" des trucs qui ne le sont pas du tout!

le fransk hotdog en est l'exemple le plus classique

Le leverpostej, c'est une sorte de pâté, mais bon, ce n'est pas français pour autant quoi.
Le goût est assez inhabituel pour des Français en fait.


Nan, mais il y a QUOI de français là-dedans???


Assez plaisanté. Pour trouver du bon miam miam vraiment de chez nous à Copenhague, il existe un endroit, c'est celui-là:

Pas de doute, vraiment tenu par des Français! :-P