7 février 2010

L'herbe est-elle vraiment plus verte à Christiania? (part 1)

Ah ah, voici enfin venir le premier article sur l'endroit définitivement le plus insolite de Copenhague, j'ai nommé Christiania. Peut-être en avez vous déjà entendu parler même si vous n'avez jamais mis les pieds au Danemark... Il s'agit en fait d'un squat géant qui a pour particularités d'être toléré et en plus  d'être situé au beau milieu de la ville. Plus qu'un simple squat même, c'est un village dans la ville, une sorte de communauté hippie autogérée, je dirais même un micro-état semi-indépendant. Les Danois l'appellent "Fristaden", "la Ville Libre".

Pour avoir une idée du lieu, regardons une carte:


Christiania est situé sur la presque-île de Christianshavn (d'où son nom), et occupe une bonne partie des anciens remparts de la ville édifiés par le roi Christian IV en 1617 (les picots bizarres).

Tout ceci mesure la bagatelle de 34 hectares quand même.

Comme vous le voyez, la zone constitue une enclave de verdure, naturellement isolée du reste de la ville. Du côté de la rue Prinsessegade, il y a cependant un mur d'enceinte:


Et voici la célèbre entrée principale côté pile:

(photo Alex Rosa)

Et côté face:


Et ça c'est la petite entrée à l'angle de Princessegade et de Bådsmandsstræde:

 

Une fois cette entrée franchie, on pénètre dans un autre monde. Les bâtiments sont d'anciens baraquements militaires réhabilités par les Christianites eux-mêmes, ou bien des constructions de leur cru. Tout, absolument tout, est recouvert de tags, dont certains vraiment magnifiques. Le contraste avec la ville proprette et bourgeoise dans laquelle on se trouvait 5 minutes plus tôt est saisissant. En marchant un peu, on arrive dans Pusher Street, la rue principale. On y trouve une petite place du marché à l'entrée où l'on vend des tee-shirts souvenir, de la bimbeloterie diverse, et tous les accessoires nécessaires pour...


... confectionner des cônes. Et disséminés le long de la rue, des petits étalages avec de quoi les garnir généreusement. À cet endroit, il est interdit de prendre des photos comme le rappellent des panneaux un peu partout, ça ne plaît pas aux vendeurs. (Donc bin j'en n'ai pas.) Et mon Dieu, que ça démange pourtant c'est terrible. C'est que la vision de tous ces étalages de substances, ces peintures murales extraordinaires, ces types un peu louches, ces pitbulls et tout ça dans une ambiance curieusement détendue, a quelque chose de fascinant. Mais la plupart des touristes de passage, effrayés par cette vision un peu glauque parfois j'avoue, n'osent pas s'aventurer plus loin. Beaucoup de Copenhaguois même n'ont que cette image en tête, ô combien réductrice.

C'est bien dommage, car Christiania n'est pas (seulement) un repaire de marginaux, même si elle en attire, et certainement pas un bidonville. C'est une société tout à fait structurée de gens qui ont fait le choix de mener une vie alternative. C'est comme si tout ce que le Danemark compte de subversif, de fantaisiste était regroupé dans un seul endroit. 

Les habitants ont adopté un drapeau, qu'on retrouve partout:

On dit que les 3 points représentent les 3 i de Christiania

Il y a des règles de conduite

Les voitures y sont bannies

 On y trie ses déchets aussi

Il y a même des visites guidées (jamais testé)

À chaque fois que je le visite (je dis bien à chaque fois), j'y découvre de nouveaux détails insolites.

 
 

Alors bien sûr, comme un seul article sur Christiania ne saurait suffire, je me propose de vous narrer la suite dans les prochains épisodes:

2ème partie: Visite guidée du village (non, il n'y a pas que des cabanes croulantes et dégueues, il y a une vie culturelle et sociale hallucinante planquée à l'intérieur)

3ème partie: Mais comment diable les autorités danoises ont-elles pu tolérer un tel boxon?

3 février 2010

Nan mais qui parlait de réchauffement à Copenhague?

Figurez-vous que c'est un peu la galère en ce moment ici, il a neigé en surabondance ces derniers jours, même que le métro a complètement stoppé hier pendant un moment.

Oui, elle est garée là, et pour un moment

Pour être honnête, Copenhague est enneigée non-stop depuis que je suis revenue de vacances début janvier. Alors bon ok c'est joli, et puis ça permet de patiner sur les lacs (chose qui n'était même pas imaginable l'année dernière). Mais c'est pas tellement compatible avec ma prise quotidienne de petite reine, ça non. C'est que je commence à en avoir assez de faillir effectuer des vols planés à chaque fois que je prends un virage. Et puis je constate que ma chaine de vélo s'est mise en alerte orange vif, vous croyez que c'est bon signe, ça? 


Parole de Danois, on en n'avait jamais vu autant depuis 30 ans. Toujours est-il que je ne peux que leur tirer mon chapeau à ces irréductible Vikings, car neige ou pas neige, eux enfourchent leur habituelle bécane comme si de rien n'était.

 
  
 

J'en ai même vu rouler avec des masques de ski!

20 janvier 2010

Je passe à la radio demain

Hier, un monsieur de Ouï FM m'a contactée à travers Expat Blog (l'annuaire blog des expats) pour un p'tit interview sur la vie au Danemark, les Français là-bas, tout ça...

Alors ça va durer 30 sec, 1 min maximum, et ça sera en direct à l'antenne vers 16h45, le 21 janvier donc. Je me demande s'il y a des podcasts de dispo, je n'ai pas le temps de regarder ce soir. Je vous avoue que je n'ai jamais encore écouté cette radio.

17 janvier 2010

On se les pèle, profitons-en pour sortir et marcher sur l'eau

Oui, ça caille à Copenhague ce week-end, et c'est une bonne raison de se frotter les mains. Ces boulets de chez DMI avaient toutefois annoncé de la neige, puis en fait non, et je préfère ainsi. La raison de cette allégresse incongrue? C'est le sujet d'un article d'AOK (Alt Om København), comme quoi mon danois aura servi à quelque chose. Pour les feignants qui ne feront pas l'effort de cliquer + Google Translation, je vous explique: youpi, il fait suffisamment froid pour qu'on aie le droit de patiner sur les plans d'eau de Copenhague! Et moi le patin, ça tombe bien, j'adoooore ça.

Je vous déconseille Nyhavn toutefois, hein.
Le responsable de la jolie traînée se trouve dessus.
C'est le promène-touriste, toujours en activité.

Pour vous aider dans votre choix, le Berlingske Tidende a gracieusement fait la liste de toutes les patinoires dispos dans la ville et ses environs sur une belle carte. On y trouve des artificielles et des naturelles du coup. (En passant, si l'envie vous prend de faire de la luge, c'est par là).

N'y tenant plus de joie, je suis partie faire une petite promenade de reconnaissance en ce samedi:


Numéro 1, au bout de Nyhavn:


Alors elle n'est pas très grande c'est vrai, mais elle remplace en fait la magnifique patinoire en anneau qui trônait sur Kongens Nytorv les années précédentes, qui n'a pas été installée cette année pour cause de travaux pour la future ligne de métro. Bon, c'est au bord de l'eau, c'est sympa quand même. Patins à louer.

Numéro 2, à Kastellet:

Alors là, c'est de la patinoire sauvage.
Cependant, ce cercle mystérieux me parait être fait exprès pour patiner
(réalisé avec une machine spéciale?)


C'est aussi un spot de baignade, faites gaffe.

Numéro 3, le plan d'eau dans Fælledparken:


Tiens, il y avait aussi un anneau similaire. L'immense parc était quand même incroyablement désert quand je suis passée, samedi aprèm. Pas un patineur. Je me suis dis alors que si il y avait un endroit où je pourrais croiser du monde, ce serait sur les grands lacs du centre.

Numéro 4, sur le Peblinge Sø, le lac du milieu:


J'avais raison, on aurait cru que tout Copenhague s'était donné rendez-vous ici. En même temps, ça se comprend, ces lacs en enfilade forment des patinoires géantissimes. Mais seul le Peblinge Sø est autorisé au patinage, ceux qui m'empêche pas les Danois bourrés ou non de marcher sur les autres.

Alors devant cette vision paradisiaque, mon sang n'a fait qu'un tour. J'ai immédiatement ressenti un besoin impérieux que j'ai dû aller soulager illico: je me suis précipitée dans le centre commercial le plus proche pour aller m'emparer de la dernière paire de 41 de patins de hockey tout merdiques qui restait (*). À 279 kroner (40 euros), je ne me suis pas ruinée non plus, mais je soupçonne une rupture de stock, j'ai eu du pot.

J'y suis retournée triomphalement le lendemain pour essayer mon nouveau joujou. C'était la première fois que je patinais sur un vrai lac. Sensations? La glace est naturellement bosselée et marron, et les copeaux de glace qu'on arrache avec nos carres sont instantanément emportés par le vent et partent s'amasser dans des coins qu'il vaut mieux éviter de patiner dessus si vous voulez mon avis. Du coup, la surface est balayée en permanence et ça permet d'admirer le contenu des eaux, genre algues, herbes, et autres sacs plastiques figés dans leur mouvement c'est fou.

Ci-dessus moi-même (avec l'improbable machin blanc sur la tête),
en train de serrer les dents dans mes nouveaux engins de torture


Mais le hic, c'est qu'il n'y a pas de patins à louer. Et moi, j'avais apporté des amis sans patins. Alors nous nous sommes rabattus sur le spot numéro 5 à deux pas de là, sur la mignonne petite Blågårds Plads, où on pouvait louer.

Numéro 5, donc:

Attention, c'est infesté de trolls

Je vous avoue que je n'ai pas eu le temps de tester la patinoire de Frederiksberg (numéro 6), mais je sais que le grand parc à côté (Frederiksberg Have) est un bon endroit pour faire de la luge. Perché sur une micro-colline, c'est le seul endroit en pente à Copenhague.

Sinon, je présume que les spots 7 et 8 à Christianshavn doivent être tout à fait délicieux, entourés de nature et de maisons rigolotes, j'irai ptête voir.


(*) Je vous en conjure, si vous connaissez un GRAND magasin de sport DÉCENT à Copenhague, faites pas vos bâtards, dites-moi où il est, sivouplé

6 janvier 2010

Découverte insolite dans la gare centrale

Tiens, en fouinant dans mes archives de photos de Copenhague, je suis tombée sur celle-ci, que je vous sort du carton pour l'occasion. Elle a été prise dans les wawas de la gare centrale (Hovedbanegård). En fait c'est le papelard qu'on y trouve scotché en évidence sur le miroir.

J'ai augmenté le contraste pour que vous puissiez mieux le déchiffrer.

Et se recoiffer, ça compte pas? Qu'est-ce-qu'il entendent au juste par "etc"?

Dites, les gars, y'a quoi de votre côté?